COACH : UN MÉTIER ?

COACH : UN MÉTIER ?

A l’aube d’un changement que j’ai opéré en moi il y a peu, j’accompagnais une femme qui me sollicitait en tant que coach avec comme objectif prioritaire, celui de quitter son amant.

Lors de notre troisième séance, je l’entendis me dire : « Vous comprenez, il faut que je me respecte » !

Miroir coach client !

Temps suspendu, mon cœur se serre, sueurs froides, je lutte pour dissimuler mon malaise et pour terminer tant bien que mal ma séance. Je la raccompagne à la porte et je suis surprise par la violence de mon émotion que mes sanglots traduisent. Je peine à me calmer, je retrouve mes esprits et je m’interroge.
Qu’est-ce que ce chagrin et l’angoisse qui y est associée me disent sur moi ?

Je suis coach, j’accompagne des personnes, je les invite à faire émerger leurs talents, ressources, savoir-être et savoir-faire afin de les mettre en dynamique et les rendre acteurs de leur vie et moi, coach certifiée je vais continuer de taire ce qui crie si fort en moi ou bien vais-je enfin l’affronter ?

Et si … ? 

Lutte de courte durée mais lutte qui s’annonce en moi. Dichotomie ponctuelle entre mon être et mon métier, et si je faisais comme si.. ?  Si je faisais l’économie de me confronter à ce que ce chagrin peut faire d’utile pour moi afin de maintenir le système aussi souffrant soit-il ?, au fond je le connais si bien.

La supervision du coach 

Il me faudra un espace de supervision pour m’entendre dire qu’à mon tour, je ne le sais que trop, je vis une relation qui est souffrante pour moi et m’aliène par certains points. Cet espace de supervision m’a permis de me sentir protéger en me livrant à mon tour et m’a autorisé à ouvrir le champ des possibles. Je compose en relativisant et je vais de regrets en remords. J’éteins mes aspirations et mes désirs un à un. Je relativise mes renoncements, donnant le change en apparence mais au fond de moi, je le sens, je le sais, je mesure en partie combien cela est coûteux émotionnellement et énergétiquement de ne pas agir. Se pose désormais la question centrale du choix, question que je pose souvent à mes coachés : souhaitez-vous subir ou agir sur la situation ? Quels sont les coûts et les bénéfices à maintenir le système et qu’est-ce que je décide de faire?

« that is the question ? »

Mes deux colonnes sont faites, coûts/bénéfices, je visualise mon futur avec comme symbole qui émerge à l’horizon d’un demain sans « mon » homme : une route, large, belle avec des arbres sur les côtés, arbres bruts, arbres fruitiers aussi à la source desquels je pourrai me sustenter ou me reposer. Cette route est une promesse, ce que je voyais comme un vide abyssal lié à l’absence devenait soudainement une promesse de possibilité.

Quel beau métier que celui d’être un Homme !

 Natacha Karsenti

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